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CFP: Stonewall 50 ans après. Héritages et constructions mémorielles des émeutes de 1969, Paris, 3-5 juin 2019.

Resultado de imagen de StonewallStonewall 50 ans après. Héritages et constructions mémorielles des émeutes de 1969

Université Paris-Est Créteil / IMAGER EA 3958

Université Paris-Dauphine (Paris-Sciences-et-Lettres) / IRISSO (7170-1247)

3-5 juin 2019

 

À la suite de critiques légitimes exprimées envers la composition peu inclusive du comité d’organisation et du comité scientifique, ces derniers ont été recomposés. Le présent appel à communication a été revu par le nouveau comité d’organisation.

Les émeutes de Stonewall font l’objet de mémoires conflictuelles. En voici l’un des récits : dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, des client·e·s gais, lesbiennes, bi·e·s et trans du Stonewall Inn, un bar de Greenwich Village situé Christopher Street, à New York, refusent de se soumettre une fois de plus au harcèlement policier dont ils et elles étaient régulièrement victimes. Pendant cinq jours, le quartier vit au rythme des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestant·e·s. Dans les semaines et les mois qui suivent, la contestation renforce des mouvements naissants qui se constituent en tant que forces politiques. Les événements sont commémorés un an après, et sont généralement présentés depuis comme l’acte de naissance du “gay liberation movement” à l’origine des marches des fiertés LGBTQ (lesbiennes, gaies, bies, trans et queer) actuelles.

À l’occasion du cinquantenaire de Stonewall, ce colloque se propose de porter un regard critique et distancié sur cet événement majeur et ses suites dans la constitution des mobilisations LGBTQ. Il a pour but d’interroger les processus de mémorialisation, l’héritage politique ainsi que les représentations culturelles et militantes de Stonewall.

Les manières diverses dont a été écrite son histoire révèlent en effet des tensions durables au sein des mouvements LGBTQ. Alors que les émeutier·e·s comptaient des lesbiennes, des travailleur·ses du sexe, des drag queens, des trans, des personnes racisées, telles Sylvia Rivera et Marsha P. Johnson, les mouvements post-Stonewall ont produit un récit invisibilisant les actions de ces protagonistes et leurs multiples appartenances minoritaires. Comment ces tensions sont-elles ravivées ou déplacées par les enjeux mémoriels qui se sont cristallisés autour de cet événement ?

Paradoxalement, alors que Stonewall était un acte de désobéissance et de rejet de l’autorité étatique, l’événement a été interprété aux États-Unis comme le point de départ de politiques de respectabilité et d’assimilation par des organisations plus conventionnelles, et les marches des fiertés ont souvent été transformées en parades divertissantes ou en événements à caractère commercial. Comment s’est concrètement opéré ce glissement de sens, d’émeutes mues par un rejet du contrôle social et policier à un récit appuyant des pratiques homonormatives, sécuritaires, et néolibérales ? Quels en sont les effets pour les LGBTQ racisé·e·s et/ou de classes populaires ? Selon quelles modalités la réappropriation par les autorités publiques de cette histoire a-t-elle par ailleurs participé à l’édification du mythe de la tolérance occidentale blanche envers les minorités sexuelles et cautionné des formes de racisme, de sexisme et d’homonationalisme ? À côté de ce questionnement, on peut s’interroger sur le rôle des établissements commerciaux (bars, boites de nuit, etc.), dans la construction communautaire et la politisation des expériences des minorités sexuelles et de genre.

Si Stonewall est mythique, c’est aussi parce qu’il dépasse très largement les frontières états-uniennes. Loin de se cantonner à ce seul cas, ce colloque envisagera ainsi la réception et l’influence de Stonewall ou d’événements similaires dans d’autres contextes nationaux pour saisir la circulation, la traduction, l’importation et la réappropriation, voire le rejet des pratiques communautaires et de l’imaginaire LGBTQ états-unien·ne·s. Comment la mémoire de ces émeutes a-t-elle traversé les frontières ? Peut-on considérer que la notoriété de Stonewall « colonise » la mémoire des mouvements nés hors des États-Unis et invisibilise voire déstabilise d’autres formes d’identification et de résistance ? Comment le mythe Stonewall participe-t-il de la globalisation des identités sexuelles et de genre ? 

Nous espérons susciter des propositions émanant de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales et des groupes et espaces militants concernés. Seront particulièrement bienvenues les communications s’appuyant sur un matériau empirique (archives, entretiens, ethnographie, productions culturelles – littérature, théâtre, cinéma, séries télévisées, bandes dessinées, chansons, etc.), comparatistes et/ou inscrites dans une perspective intersectionnelle.

Ces propositions pourront éventuellement s’inscrire dans un ou plusieurs de ces axes de réflexion :

  • Raconter Stonewall : histoires et mémoires plurielles et conflictuelles ;

  • De l’émeute à la respectabilité : interroger les stratégies d’intégration et de normalisation du « mouvement LGBTQ » ;

  • Au-delà de Christopher Street : perspectives transnationales et transhistoriques de la libération queer ;

  • Circulation des identités et des luttes sexuelles dans un monde inégal : homonationalisme, solidarités transnationales et homogénéisation des identifications et des modalités de résistance ;

  • « Out of the bars and into the streets ? » : usages politiques des lieux commerciaux ;

  • Résister au harcèlement policier avant et après Stonewall : faire face au contrôle de l’État

Procédure et calendrier :

Les propositions de communication, en anglais ou en français (env. 500 mots), explicitant la méthodologie adoptée et les sources mobilisées, et accompagnées d’une courte biographie (5 lignes), devront être déposées avant le 1er décembre 2018 sur le site internet du colloque :

https://stonewallat50.sciencesconf.org/

Les résultats de la sélection seront communiqués le 15 janvier 2019.

Contact et informations : stonewallat50@gmail.com

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Stonewall at 50 and Beyond: Interrogating the Legacy and Memory of the 1969 Riots

University of Paris-Est Créteil / IMAGER (EA 3958)

Paris-Dauphine University (Paris-Sciences-et-Lettres) / IRISSO (UMR 7170-1427)

June 3rd–5th, 2019

 

Deadline for paper submissions: December 1st, 2018.

 

Call for papers:

The original announcement of the conference was followed by well-founded criticism regarding the organizing committee’s and scientific committee’s lack of inclusiveness. The composition of these two committees was consequently modified. The call for papers below was revised by the new organizing committee. The composition of the scientific committee and bibliographical indications are available on the conference website https://stonewallat50.sciencesconf.org/.

The Stonewall riots are fraught with a conflictual memory. A standard narrative might read as follows: In the night of June 27, 1969, lesbian, gay, bisexual, and transgender patrons of the Stonewall Inn, a Greenwich Village bar on Christopher Street in New York, refuse to endure yet another occurrence of the police harassment they routinely faced. For five days and nights, the neighborhood was the scene of a confrontation between rioters and the police. In the following weeks and months, this upsurge reinforced emerging liberation movements that coalesced into a diverse political force. The events were celebrated the following year and have since generally been presented as “the birth of the gay liberation movement” that is commemorated in today’s yearly LGBTQ (lesbian, gay, bisexual, transgender, and queer) pride marches.

On the fiftieth anniversary of Stonewall, this conference aims to shed critical light on this major event and its possible effects on the development of LGBTQ mobilizations around the world. It seeks to investigate the processes of memorialization, as well as the political legacy and the cultural and activist representations of Stonewall.

The various ways in which the history of the event has been written reveal lasting tensions within LGBTQ movements. While among the rioters were lesbians, sex workers, drag queens, transgender and gender non-conforming people and people of color, such as Sylvia Rivera and Marsha P. Johnson, post-Stonewall movements have produced narratives that invisibilize these protagonists and their multiple sexual, gender, and racial identities. In what ways have these tensions been exacerbated or reshuffled by the memorial conflicts that Stonewall crystallizes?

Paradoxically, while Stonewall was an act of disobedience and insubordination to state power, it has been reclaimed as the starting point of an assimilationist politics of respectability by the more mainstream LGBTQ organizations in the United States. And LGBTQ pride marches have gradually turned into entertaining parades or commodified festivals. How, concretely, has the understanding of riots driven by the rejection of policing and social control gradually shifted toward a narrative in support of homonormativity, state security, and neoliberalism? How does this shift affect working-class LGBTQ people and LGBTQ people of color? Through what processes has this history been re-appropriated in official discourses sanctioning more or less subtle forms of racism, sexism, and homonationalism? Correlatively, what enduring role do commercial venues (bars, clubs, etc.) play in the construction and politicization of sexual and gender minority identities and communities?

Stonewall is indeed also mythic because its fame has exceeded US national borders. The conference aims to look beyond this particular case in order to address the reception and influence of Stonewall in other national contexts, and the circulation, translation, importation, reappropriations, and sometimes rejection of LGBTQ communitarian practices and cultural models that originate in the United States. How has the memory of the riots crossed borders? Does Stonewall’s notoriety “colonize” the memory of movements born outside the United States? Does it invisibilize or even destabilize different forms of identification and resistance? How does the Stonewall myth participate in the globalization of sexual and gender identities?

We invite submissions from scholars in all disciplines in the humanities and social sciences, as well as activists and movement collectives. Submissions based on empirical data (archives, interviews, ethnographies, cultural productions in literature, cinema, TV series, comics, songs, etc.) and with a comparative or intersectional approach will be especially welcome.

Submissions may reflect one or several of the following sets of issues:

  • Narrating Stonewall: the diverse and conflicted memories and histories of Stonewall;
  • From riots to respectability: investigating assimilation and normalization strategies in the “LGBTQ movement”;
  • Beyond Christopher Street: transnational and transhistorical perspectives on queer liberation;
  • Circulating sexual identities and struggles in an imbalanced world: homonationalism, transnational solidarity, and the homogenization of identities and modes of resistance;
  • “Out of the bars and into the streets”? Political uses of commercial venues;
  • Resisting police harassment before and after Stonewall: facing state control.

 

When and how to submit:

Paper submissions in French or English (c. 500 words) with an explicit presentation of the methodology and data, and a brief biographical note (5 lines) should be uploaded by December 1st, 2018, at: https://stonewallat50.sciencesconf.org.

Selected speakers will be notified by January 15th, 2019.

Organization:

The conference will take place at the universities of Paris-Est Créteil and Paris-Dauphine, France, on June 3rd–5th, 2019.

Contact Info:

Organizing committee: Catherine Achin (Paris-Dauphine), Emmanuel Beaubatie (IRIS-EHESS, INED), Hugo Bouvard (Paris-Dauphine), Guillaume Marche (Paris-Est Créteil), Lucie Prauthois (Paris-Dauphine), Antoine Servel (Paris-Est Créteil), Damien Trawale (URMIS).

Contact Email:

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